Mais pourquoi un blog en 2026 ?!
Anti techno-féodalisme
Quand j'ai annoncé a un pote que j'étais entrain de développer un blog, il m'a écrit "mdrrr mais comment ça ?". C'est vrai ça, comment ça ? Pourquoi faire un blog en big 2026 ? Qui va venir voir mon site ? Lire mes articles ? Est-ce que c'est pas beaucoup d’énergie dépensée inutilement ? Ça fait beaucoup de questions d'un coup, laissez moi plutôt vous racontez une petite histoire personnelle, vous allez vite comprendre.
Pendant plusieurs années, j'ai essayé de développer une marque de vêtements. Dès le départ, je savais que je voulais être le plus responsable possible. Coton biologique, tissus issus de stocks dormants, production dans des usine certifiée située en Europe et en France, uniquement une ou deux pièces par an, j'ai essayé d'aller à contre courant complet de l'industrie de la mode pendant 7 ans. Résultat, ça a jamais vraiment décollé. En même temps, je subissais un paradoxe sur lequel j'ai mis plusieurs années à mettre des mots.
Nous vivons dans un monde basé sur la production et la consommation croissante de flux physique. En d'autres termes, si je voulais faire réussir ma marque — qui est censé être responsable — il allait falloir que j'augmente mes ventes à un tel point, que mon éco-responsabilité serait devenues nulle. En d'autres termes, l'ADN de ma marque se serait effondrée sous son propre poids. Parce que les marques qui se disent responsables, ne le sont, en réalité, pas vraiment. Elles font peut être moins pire que les autres, mais elles le font quand même. L'idéal étant, dans un premier lieu, de ne pas produire et de ne pas consommer.
Mais quel est le rapport avec ton blog ? J'y viens, j'y viens. Patience.
Pendant ces 7 années, j'ai tout fait pour réussir. Au départ, je n'y connaissais rien, mais je me suis retroussé les manches et j'y suis allé. J'ai démarché des magasins dans l'espoir de pouvoir y être exposé, j'ai signé avec une agence de relation publiques pour mettre mes vêtements dans des clips, shooting photos, etc..., j'ai offert ou vendu certains vêtements à des directeurs artistiques et influenceurs bien placés — qui les ont beaucoup apprécié et portés selon leurs témoignage — et surtout, j'ai passé une quantité massive de temps sur les réseaux sociaux. À faire des réels, des publications, des carrousels, des formats courts, franchement, ça m'a épuisé.
Aujourd'hui, on est tous plus ou moins forcés d'être sur les réseaux sociaux, soit pour être en contacte avec notre famille ou nos amis, pour des raisons pro, pour se tenir au courant de l’actualité. Bref, on a tous un compte quelque part sur une plateforme. Avec le temps et la manière dont les réseaux sociaux ont évolués et se sont structurés, on est beaucoup — notamment dans le secteur créatif — à être forcés de se mettre en récit, de se vendre et de, disons le, devenir à notre tour influenceur.
Sûrement la faute à la crise de l'emploi, on trouve rien, on se lance en tant que freelance le temps de, on voit les autres créer du contenu alors on se dit "Pourquoi pas commencer à faire du contenu sur [entrer un sujet], après tout si d'autre le font pourquoi pas moi ?"
Et voilà, ça y est, on y est, on se lance dans la création de contenu. On a un calendrier de publication, un dossier "idées de vidéo" dans son application note. On est obsédés par les statistiques, on optimise l'accroche de ses réels pour retenir l'attention. On devient le parfait communiquant/influenceur/marketeux. Sauf que vient le temps de prendre des vacances et oh, surprise, si tu arrêtes de poster tu tombes dans les tréfonds de l'algorithme, tout tes efforts auront servi à rien et tu devras recommencer à zéro. Dommage. Et si jamais au grand jamais tu arrives à en vivre, tu auras cette pression infernale, cette peur viscérale de voir les vues dégringoler, les abonnés partir et les revenus disparaître. La peur de revenir à une vie "normale" quoi.
Dans tous les cas, aujourd'hui, être sur les réseaux sociaux ça revient à être l'esclave d'un milliardaire — bien souvent néo-fasciste —, des ses intérêts politiques et des intérêts de ses investisseurs.
C'est ce qu'on appelle le Techno-féodalisme, un monde où les géants du web contrôlent les plateformes numériques, les données et les plateformes de vente. Rendant dépendant les personnes, artistes et entreprises de plateformes qu'ils ne contrôlent pas.
Un blog pour les combattre tous
Créer son blog aujourd'hui, ce n'est donc pas un acte si anodin. C'est reprendre le contrôle de nos données, c'est être son propre rédacteur en chef. Afficher ce que l'on souhaite sous la forme que l'on souhaite, plus d'algorithme, plus d'IA, plus de trend. La liberté d'internet dans son plein pontentiel.
Tout ça, je ne l'invente pas, bien heureusement. C'est ce que l'on appelle l'indie web. Un internet organique, créer et géré par des humains et pour des humains. Un espace où l'ont peut être sois-même, loin du brouahah ambiant et négatif des réseaux sociaux.
Bref, un retour aux sources de ce qu'est internet.
Voilà pourquoi créer un blog en 2026.
Quelques liens utiles
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Le principe d'incertitude du consommateur